
Les temps changent. Cette pensée m’est venue en lisant un article de Vilaweb portant sur la controverse autour du contrôle de la population de pigeons à Barcelone. Cet article, notamment la partie analysant pourquoi cette pratique est si controversée, mérite vraiment d’être lu.
Autrefois, Barcelone abattait les pigeons pour limiter leur nombre. Puis, lorsque cette pratique a commencé à faire sourciller, la ville a essayé d’utiliser un contraceptif mélangé au maïs et dispersé en ville. Malheureusement, les pigeons n’appréciaient pas le goût. De plus, de nombreux « amoureux des oiseaux » les nourrissaient avec du maïs non contaminé, que les oiseau préféraient, ce qui réduisait l’efficacité du contraceptif.
Résultat : non seulement plus de poussins naissent, mais en raison de la suralimentation, davantage survivent et atteignent l’âge de reproduction. Aujourd’hui, la population explose : une densité écologiquement équilibrée de 300 à 400 individus par km² est devenue un chiffre insoutenable de 1 300 à 1 700 ! Ces pigeons peuvent devenir des réservoirs pour des maladies comme la maladie de Newcastle ou la salmonellose.
(Les rapaces, qui protègent efficacement l’aéroport d’El Prat en déplaçant les pigeons, n’ont aucun impact sur la population globale. Ils ne sont donc pas une solution pour la ville elle-même.)
Joan Carles Senar, responsable de la recherche au Musée des Sciences Naturelles de Barcelone, explique pourquoi tuer les pigeons est si controversé. Son analyse, concise, pourrait s’appliquer à bien d’autres situations :
« Nous avons un problème : autrefois, ceux d’entre nous qui aimaient la nature étaient des écologistes. Aujourd’hui, avec l’expansion du milieu urbain, les animaux plaisent aux animalistes, des personnes majoritairement urbaines, fortement influencées par le concept d’animal domestique et par une vision très édulcorée de la nature à cause des films de Walt Disney. Pour cette raison, leur réflexion se concentre beaucoup sur les animaux pris individuellement. En revanche, les écologistes pensent à l’écosystème et à son équilibre. En tant que société, nous avons besoin d’une vision plus holistique. Ce qui nous intéresse, c’est que l’écologie de la ville fonctionne, pas qu’un pigeon ou une perruche soient heureux individuellement. »
Bien dit !
Merci à @alfonsdg.bsky.social et @senyorventura.bsky.social.